Indice de résilience FM 2026 : apporter de la clarté face à des risques de plus en plus complexes
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Indice de résilience FM 2026 : apporter de la clarté face à des risques de plus en plus complexes

Date de publication 26 février 2026


Graphiques Insights Indice de résilience

L’Indice de résilience FM classe 130 pays et territoires en fonction de la résilience de leur tissu économique. Ce classement repose sur 18 indicateurs de résilience regroupés en deux catégories : les macro-indicateurs, comme le risque politique et l’inflation, et les indicateurs physiques, comme la qualité du risque incendie et l’exposition au risque climatique. Les tensions géopolitiques persistantes, la poursuite de la « normalisation » post‑inflation et l’essor des nouvelles technologies transparaissent nettement dans les résultats de cette édition.

  • Le Danemark, classé une fois encore pays le plus résilient au monde, gagne 20 places sur l’indicateur Cybersécurité et améliore également son score sur les critères Exposition au risque climatique, Qualité du risque climatique et Qualité du risque incendie.
  • Singapour atteint la 3e place cette année grâce à sa forte progression sur plusieurs indicateurs : Inflation (+35), Exposition au risque climatique (+12), Qualité du risque incendie (+7) et Exposition au changement climatique (+9).
  • Alors que la souveraineté des données devient une priorité croissante, plusieurs pays renforcent leur niveau de cybersécurité parallèlement au Danemark. Les Pays-Bas gagnent 25 places sur ce critère, et l’Espagne 11. La situation est toutefois inégale en Europe, comme le montre le recul de la Norvège (-11) et de l’Allemagne (-7). Cette évolution à la baisse constitue un signal précoce d’axe d’amélioration potentiel pour ces pays, qui restent néanmoins parmi les mieux classés à l’échelle mondiale.
  • Le Brésil enregistre un recul de 14 places au classement global, principalement imputable à une forte chute (-22) sur le critère Inflation. Le pays reste également à la peine face aux répercussions des risques liés au climat, avec un recul de 13 places sur l’Exposition au risque climatique et de 10 places sur la Qualité du risque climatique et l’Exposition au changement climatique. Le Mexique (80e) perd quant à lui 4 places au classement global sous l’effet d’une chute sur plusieurs macro-indicateurs, dont les Dépenses de santé et l’Utilisation d’Internet.
  • La région 3 des États-Unis (centre/Midwest) recule également d’une place au classement général, à la 11e position, ce qui place désormais les trois subdivisions du pays en dehors du top 10. Elle perd 9 places sur l’indicateur Qualité du risque climatique et enregistre un léger recul sur la Qualité du risque incendie.

Vous pouvez effectuer des recherches personnalisées sur une page interactive (en anglais) qui synthétise les données de l’Indice 2026 : fm.com/fr/resilienceindex.

Les 10 pays les plus résilients

Le Danemark demeure le pays offrant le tissu économique le plus résilient d’après l’Indice de résilience FM 2026. Viennent ensuite le Luxembourg, Singapour, la Norvège, la Suisse, l’Allemagne, la Suède, l’Irlande, la Finlande et la Belgique.

Tendances 2026

L’Indice de résilience FM est constitué, à parts égales, de 18 indicateurs qui permettent de classer 130 pays et territoires en fonction de la résilience de leur tissu économique. Il est normal que le classement global d’un pays évolue relativement peu d’une année sur l’autre. Même un changement important sur l’un des 18 indicateurs qui composent l’Indice peut avoir un impact limité sur le score global. Cette section examine des indicateurs spécifiques qui affectent, de manière modérée pour l’instant, le profil de risque d’un pays.

Stress hydrique et risque incendie

Les critères Stress hydrique et Qualité du risque incendie sont des facteurs de risques physiques étroitement liés que les entreprises doivent prendre en compte dans leurs stratégies de préparation ou d’expansion. Leurs interactions sont particulièrement critiques pour les data centers, pour lesquels un faible stress hydrique est essentiel afin d’assurer la fiabilité des systèmes de refroidissement et de suppression du feu. La transition vers l’alimentation par batteries pourrait entraîner une exposition accrue au risque incendie, susceptible d’être encore accentuée par l’augmentation de la fréquence des feux de végétation sous l’effet du changement climatique et de pratiques de gestion forestière obsolètes.

Louis Gritzo, Directeur scientifique de FM, suit ces évolutions de très près. « L’eau reste le moyen le plus efficace pour éteindre un incendie, alors même que, dans de nombreuses régions, sa disponibilité est fortement limitée », explique‑t‑il. « Le changement climatique, la hausse des températures et l’électrification de masse portée par les objectifs de développement durable sont autant de facteurs qui se combinent pour créer un risque en mutation rapide. »

Le tiers inférieur du classement de l’indicateur Stress hydrique comprend des pays comme l’Allemagne, la Chine, l’Espagne et le Mexique. Ce dernier se distingue en étant aussi présent dans la moitié inférieure du classement Qualité du risque incendie. L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït et le Qatar affichent un score inférieur à 90 en termes de résilience au stress hydrique, liée à leur localisation dans une région extrêmement aride.

Le renforcement des codes de construction constitue un levier efficace pour réduire le risque incendie, et de nombreux pays ont engagé des actions en ce sens. Les Émirats arabes unis se classent 42e sur le critère Qualité du risque incendie, notamment grâce à la qualité de leur code et des contrôles assurant son application. L’Allemagne et la Suède ont récemment mis à jour leur code respectif, et les Pays-Bas et la Pologne devraient suivre leur exemple en 2026. Le Japon poursuit l’amélioration de son code de construction comme de son classement.

Comment agir : les fiches techniques de prévention des sinistres de FM mettent à votre disposition des recommandations et standards d’ingénierie qui vous aident à réduire les risques de dommages matériels liés aux incendies, aux phénomènes météorologiques extrêmes et au bris de machine. Fruits de près de 200 ans d’expérience dans la prévention des sinistres, elles sont disponibles en libre accès.

Intensité énergétique

Face à l’expansion rapide des data centers, une faible intensité énergétique et une forte efficacité énergétique sont des critères déterminants dans le choix des sites de construction. Si le Danemark, l’Irlande et la Suisse se distinguent par leurs performances tant en termes de résilience globale que sur l’indicateur Intensité énergétique, de nombreux pays pourtant bien positionnés au classement général présentent un retard en matière d’efficacité énergétique.

La situation de Singapour est surprenante : malgré sa 3e place globale, avec un score de 97,5 sur 100, le pays se classe 116e sur le critère Intensité énergétique, ce qui témoigne de performances insuffisantes dans ce domaine clé. La Belgique, la Finlande et la Norvège, respectivement 10e, 9e et 4e du classement général, affichent elles aussi des scores inférieurs aux attentes pour cet indicateur.

Bien que comptant parmi les principaux producteurs d’énergie, les États-Unis n’occupent que la 99e place pour le critère Intensité énergétique, révélant un décalage marqué entre capacité de production et efficacité des pratiques de consommation.

Comment agir : visionnez le webinaire exclusif de FM (en anglais) : « Data Centers: Tackling the risks ». Des spécialistes du secteur expliquent comment renforcer la résilience de vos data centers et anticiper les défis à venir.

Exposition au risque climatique

Les conditions météorologiques continuent d’évoluer à un rythme soutenu à l’échelle mondiale, souvent plus rapidement que la capacité des entreprises à mesurer leur degré d’exposition. Or un manque de visibilité dans ce domaine peut compromettre la stabilité d’opérations et de chaînes d’approvisionnement stratégiques.

FM a récemment demandé à 800 décisionnaires en matière de risques d’identifier les pays où leurs opérations critiques sont situées, puis d’estimer le pourcentage de l’activité économique de ces pays exposé aux tempêtes et aux inondations. Résultat : 74 % des personnes sondées sous-estiment leur exposition réelle.

Cet écart de perception est particulièrement prononcé pour la Chine et l’Inde, suivies de l’Australie, du Canada et du Royaume-Uni. Car, dans les faits, seules les régions 2 et 3 du Canada et la région 3 de l’Inde dépassent le 100e rang sur l’indicateur Exposition au risque climatique. L’Allemagne, les États-Unis, la France et Singapour affichent quant à eux la plus forte concordance entre exposition perçue et exposition réelle, avec une surestimation du risque pour la région centrale/Midwest des États-Unis.

Malgré la sous-estimation du risque en Chine, le pays continue de démontrer la robustesse de ses codes de construction en termes de risques naturels et a, de ce fait, amélioré le classement de ses régions 1 et 2.

Comment agir : la Boîte à outils sur les risques naturels de FM propose de nombreuses ressources en libre accès, dont des outils performants qui vous aident à vous préparer et à réagir efficacement en cas de phénomène météorologique extrême. Vous êtes assuré chez FM ? L’Outil de suivi de la résilience climatique vous permet d’évaluer avec précision les risques climatiques spécifiques à chacun de vos sites et d’identifier des axes d’amélioration pour renforcer leur résilience.


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